Parce que la photo doit rester un plaisir, j'ai choisi ce nouvel objectif.

Dernière mise à jour : 29 mars



Je vous parle d'une expérience personnelle qui va probablement raisonner chez plusieurs d'entre vous.


La quête du Saint Graal.


À force de photographier on cherche à se perfectionner et on se lance dans de nouveaux défis. La quête de la photo parfaite devient par nous obnubiler. Pour cela on se lance dans la recherche de paysages sublimes, du meilleur spot que certains photographes vont même par s'approprier et ne surtout pas révéler et vont même jusqu'à piquer ceux des autres (j'en ai connu). On part à la recherche de la plus belle lumière. Qu'elle soit dorée, rosée ou bleue, du moment qu'elle soit hors du commun. Et la dernière étape qui peut être (à tort) la première pour certains, ça sera de s'équiper du matériel au top. Du boîtier dernier cri, plein format, à la dynamique de ouf, megapixelisé et d'un objectif haut de gamme et lumineux qui va sortir des photos ultra piquées. Oui le matériel ça aide mais ça ne fait pas tout. Et surtout pas le talent.





Retour à la simplicité.


Et puis on fini par oublier ce qui nous a poussé à faire de la photo, par laisser éteindre cette flamme de la passion sans la raviver. Par oublier une chose et sûrement la plus importante d'entre toutes, c'est le plaisir à prendre de la photo. Parce que se trimbaler avec le matériel dernier cri ça coûte très cher mais c'est surtout souvent lourd à porter (peut-être un peu moins aujourd'hui avec les hybrides, bien que...). La photo fini par devenir une contrainte, par devenir un sport, à la quête du perfectionnisme quitte à renoncer par manque de préparation ou pour s'alléger.



Pour ne plus rien rater.


Combien de fois j'ai pu louper une lumière majestueuse lors d'un coucher de soleil ou bien alors la vue d'un paysage si beau que mon cœur s'arrête un instant. Alors je capture avec mon téléphone portable mais le résultat obtenu est toujours bien médiocre et surtout inexploitable. Je me console en me disant que ce tableau vivant était un cadeau pour moi. Mais quand même.

Alors ne vaut-il mieux pas avoir sur soi un bon petit appareil photo qui répond à ses attentes, à son ergonomie et qui va permettre de prendre des clichés au format raw plus malléables? Le tout en se faisant oublier dans sa sacoche. C'était en partie pour cela que j'avais remplacé l'an dernier mon Canon 70D par un des derniers Canon M5 encore en vente, hybride expert au capteur aps-c, léger, petit mais bien construit et doté du très bon capteur du 80D. Par contre l'objectif de kit me laissais sur ma faim. Certes petit et avec une bonne plage focale, l'ef-m 15-45mm n'est déjà d'une pas très lumineux avec son ouverture glissante f/3.5-6.3 (pas un gros handicap en plein jour) mais son piqué n'est pas merveilleux, ni uniforme tant que l'on ferme pas le diaph à minima à f/6.3. Pour des photos de voyage ou de famille ça fait le taffe mais si on commence à avoir certaines exigences comme moi ça devient rapidement limite et j'ai du déjà jeter des clichés qui était inexploitables. On oublie aussi les bokeh (flous d'arrière-plan) artistiques.

Avec la gamme d'objectifs EF-M très restreinte et quasi abandonnée par Canon, le salut ne peut venir que par les focales fixes. J'abandonne d'entrée l'idée de l'utilisation des objectifs EF et EF-S (comme l'EF-S 17-55 f/2.8 is usm) avec une bague et avec lesquels je perdrait la compacité et la légèreté, donc tout l'intérêt du M5.





Le pancake c'est bon


Le Canon EF-M 22mm f/2.0 stm est un objectif dit pancake car tout plat (mais sans beurre). C'est donc l'objectif idéal pour être léger, discret et aussi prendre des photos dans des conditions plus difficiles grâce à son ouverture généreuse de f/2.0. Sa focale de 22mm correspond à un 35mm en plein format qui est la focale à tout faire. Paysage, portrait plan large, reportage, famille, etc... Bon comme toute focale fixe il va falloir faire des concessions et renoncer parfois certaines photos lorsque nous sommes trop loin, quoi que avec des résolution de 24mpx ça laisse une marge de manœuvre pour croper. Et pour avoir un plus grand angle, il suffit de réaliser plusieurs clichés pour faire une panoramique, ça peut suffire dans la plupart du temps (pensez à bien mémoriser vôtre exposition et à verrouiller vôtre mise au point).

Je n'ai jamais été un grand fan de cette focale bâtarde, entre 24mm grand angle et 50mm standard (je parle toujours en focales réelles), mais je la redécouvre agréablement. J'avais à l'époque le pancake EF-S 24mm f/2.8 STM sur le 70D. Moins lumineux, focale un peu plus longue, ensemble boîtier/objectif moins cohérent et homogène, je n'avais pas eu le coup de cœur. Cette fois cela semble différent.




Une autre solution s'offrait aussi à moi du côté de chez Fujifilm. Un XT-30 couplé avec un zoom xf 18-55mm f/2.8-4 de bonne réputation et plus polyvalent, mais le fait de devoir switcher de marque et d'investir en supplément m'a un peu refroidi. Peut-être pour plus tard qui sait. Mais pour le moment la fiabilité sans faille de Canon et les bons résultats obtenus m'ont ramené à la raison.


La compacité et la qualité de cet objectif permet d'amener mon appareil photo partout. En moto dans ma petite sacoche de réservoir (je vois tellement de paysages!), en ville à Lourdes dans mon sac bandoulière ou encore en randonnée autour du cou. Je pense que vous trouverez plein d'autres utilisations.




Test et premiers retours d'utilisation du Canon ef-m 22mm f/2.0 stm.


Qualité et prise en main.


J'ai été agréablement surpris en le déballant, je l'ai trouvé bien construit, notamment avec sa baïonnette en métal. La bague de mise au point est facile à prendre en main malgré son étroitesse et sans jeu. Par contre le verrouillage sur le boitier est un peu difficile, peut être qu'une période de rodage est nécessaire.




Qualités optiques


Piqué

Très correct dès la pleine ouverture, il devient très bon au centre à f/2.5. Les bords sont justes corrects et les angles sont mous (pas grave quand on shoot à pleine ouverture le sujet est souvent au centre). À f/4 le piqué devient homogène. J'ai remarqué tout de même un comportement étrange. De f/2.8 à f/5.6 le piqué est meilleur sur les côtés qu'au centre. Sans être mauvais il est un cran en dessous mais rien de rédhibitoire. On peut shooter sans crainte de f/4 à f/11, on sera sûr d'avoir une image nette de bord à bord.

Pour une idée de comparaison avec le zoom de kit ef-m 15-45mm à 22mm, d'après mes tests il ne peut rivaliser véritablement avec ce pancake qu'en fermant à f/11! No comment.



Vignetage

Très présent. Je n'ai j'aimais eu d'objectif qui vignettait autant. À grandes ouverture cela ne pose pas véritablement problème, ça peut même apporter un style mais il reste tout de même un peu présent même en fermant le diaphragme. Corrigé facilement par le boitier ou en logiciel, la correction d'exposition qui lui est due peut faire monter le bruit dans l'image et donc baisser le piqué. Enfin du moins aux grandes ouvertures


Déformations

Inexistantes ! On peut photographier de l'archi ou de la forêt sans craintes.


Aberrations chromatiques

Nettement présent aux plus grandes ouvertures mais facilement corrigées par logiciel ou même en interne par le boitier pour les fichiers jpeg natifs.


Autofocus

Suffisamment rapide pour tous les jours. Ce n'est pas une formule 1 mais ce n'est pas ce qu'on lui demande. Motorisation stm silencieuse pour de la vidéo.


Flare

Cet objectif ne s'y prête pas, inutile d'acheter le bout de plastique Canon à 20,00€ qui sert de pare-soleil.


Rapport qualité-prix

Le meilleur chez Canon avec l'EF 50mm f/1.8 stm. 229,00€ chez la plupart des commerçants.



Conclusion


Cet objectif est clairement un "must-have" pour la gamme Eos M, couplé avec un Ef-m 55-200mm (que j'ai aussi acquis depuis peu) vous êtes parés pour partir en voyage! Surtout pour le prix vous n'avez rien à perdre. Au pire sachez qu'il est très recherché sur le marché de l'occasion car rare, peu nombreux sont ceux qu'ils s'en séparent.

Cerise sur le gâteau, comme c'est une focale fixe c'est un objectif très formateur et qui développera vôtre créativité. De plus son ouverture permet déjà de jouer avec le bokeh et de prendre des photos par mauvaise lumière, voir de capturer la voie lactée (je testerai ça l'été prochain).

Top quoi!



Quelques clichés réalisés avec ce petit cailloux: