Pourquoi j'ai décidé de ne plus révéler les noms des sites naturels et sauvages que je photographie.


L'impact des photos publiées sur les réseaux sociaux de sites naturels et sauvages peut être considérable. L’afflux touristique qui en résulte peut mettre à mal considérablement l'équilibre du lieu notamment à cause des personnes qui ne respectent pas la nature.

La chasse aux likes et aux abonnés poussent les gens à aller se prendre en photo sur les sites les plus extraordinaires possible. Souvent une jolie femme avec une pose contemplative ou les bras écartés au bord d'un lac. Je vois même des photographes qui photographient avec un second boitier leur appareil photo qui prend le paysage en photo... Extraordinaire... Tout ça pour se vanter de leur matériel haut de gamme qui prend des photos époustouflantes. Bref, Instagram me donne la nausée.




Se connecter à la nature.


Le gens en oublient l'essentiel: laisser l'égo et le matériel de côté et se connecter avec le lieu, la nature et nôtre Terre Mère, oublier le quotidien et les pensées ruminantes. Je pousse parfois jusqu'à prendre un temps de méditation, assis sur l'herbe ou un rocher. Je met tous mes sens en éveil et je me connecte vibratoirement au site. Cela apporte la paix, le ressourcement et un bon nettoyage énergétique. La photo évidement occupe (parfois trop) mon esprit et c'est pour cela que je commence par prendre des clichés car je peux ensuite méditer l'esprit léger.


Ces personnes qui se montrent en photo sur fond de paysages qui provoquent un "wouaaaa" sont en plein paradoxe. Montrer le contact avec la nature tout en restant déconnecté mais collés à leur portable guettant chaque notification de leur réseau social. Hyperconnectés mais pas de la bonne façon.

Voilà le genre de mise en scène typique de la photo "à likes". Je ne connais pas son parcours et sa sensibilité mais je prend juste la photo en exemple, surtout que ce lieu est encore sauvage comme je les aime. Bonne chose elle ne révèle pas l'endroit et pour ça merci à elle:


Vous êtes les premiers gardiens de la nature.


Les sites les plus beaux sont aussi les plus fragiles. Ils sont déjà assaillis de touristes en temps normal mais si on rajoute ceux qui sont en mal de la photo parfaite pour booster leur compte Instagram et flatter leur égo, ça va finir de les achever. Dans les Pyrénées il y a les plus connus: le lac d'Oô, le lac de Gaube, le pic du Midi, le lac de Payolle...

Et puis on voit des gens donner à manger des chips à des marmottes peu farouches. Pourtant les laisser se nourrir seules les garderont indépendantes et surtout en bonne santé. Je constate que les hommes sont malheureusement souvent plein d'incivilités.

On le répète toujours mais j'ai l'impression que cela ne sert à rien: il ne faut rien jeter ni dégrader, essayer si possible de rester sur les sentiers, ne pas effrayer les animaux ni leur donner à manger, respecter le calme et s'intégrer au lieu en se laissant englober par son énergie. Ne faites plus qu'un avec la nature. Vous êtes son premier gardien, car l'homme est le plus grand prédateur, il est au sommet de la chaine. Il est aussi, comme les animaux, doté d'une hypersensibilité que certains ont découvert en eux (on les appelle hypersensibles). Sentir l'énergie d'un arbre est une expérience que l'on n'oublie jamais et est à la portée de tout le monde. Combien de personnes lèvent la tête en marchant ? Je vois de nombreux arbres vraiment magiques mais qui se sentent seuls. Cela démontre que les randonneurs sont omnubilés par l'objectif de la randonnée, la photo qu'ils vont pouvoir y faire pour leur Facebook et non pas par le chemin qui fait déjà parti du voyage. Évidemment ce n'est pas une généralité mais les gens ont l'air surpris quand je m'arrête pour admirer un arbre. Il faut savoir garder un regard émerveillé pour veiller sur la nature.



Garder le secret pour leur bien.


C'est pour cela que je ne révélerai plus l'endroit de mes photos, sauf des cas particuliers où ce sont des sites déjà très connus. Je donnais les noms parce que je n'ai pas de spot photo à cacher car ils ne m'appartiennent pas (comme certains photographes peuvent le faire) mais avec le recul c'est vraiment plus dans une démarche écologique que je vais aujourd'hui les cacher.

Je suis très sensible à la nature, à la Vie, à la Terre et à sa fragilité. Je suis triste et inquiet lorsque je vois des sites surpeuplés et en général je fuis cette masse pour aller sur des lieux paisibles. Je trouve parfois des salamandres ou des grenouilles et ces animaux sont très fragiles car très dépendants de leur environnement.

Je suis un hypersensible et je ressent l'énergie des gens. Ça peut être parfois très agressif pour moi, bien qu'aujourd'hui j'ai appris un peu à maitriser cette sensibilité. C'est ce qu'il me pousse à aller dans des endroits tranquilles et secrets où alors plus touristiques mais en hors saison. Le fait d'être seul en tête à tête avec la Terre me permet de mieux l'écouter, la ressentir. Et de méditer sur ma condition humaine. C'est aussi de ma responsabilité de préserver ces sites, car ma portée via les réseaux sociaux et mes expositions n'est pas négligeable.


Cette cascade je l'ai trouvée dans un recoin de la vallée des Gaves. Le site est sauvage, encore préservé, même si le sentier laisse penser à un passage parfois régulier de quelques marcheurs. Son nom restera secret. Et puis si le site vous attire, vous allez faire comme moi. Commencer par découvrir la vallée, chercher sur une carte et marcher l'esprit ouvert et curieux. La découverte n'en sera que plus belle.



#iprotectnature


C'est pour cela que dorénavant tous les sites sensibles que je photographie seront incognitos, même dans mes expositions. C'est pour leur bien.


Je vous invite à faire de même et à bien réfléchir avant de poster une photo sur un réseau social comme Instagram, qui est un nid à likes pour la gloire. Ne tombez pas dans ce piège.

A la place j'utilise le hashtag #iprotectnature


Merci pour la Terre, pour vous.