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Pourquoi le métier de photographe de paysage n'a plus d'avenir.

Il fut un temps où l'on était émerveillé par les photos grand angle de superbes paysages réalisés par les photographes. Une belle photo de son village préféré que l'on achète pour l'encadrer chez soi.


Aujourd'hui la concurrence est telle, que l’intérêt pour nos photos, préparées soient-elles par le matériel, la recherche du lieu, de l'heure et de la météo, l’intérêt est quasi inexistant. Pourquoi?



 

Les drones


Il y a 10 ans quand je faisais de l'aéromodélisme. Piloter ce genre d'engin demandais de la pratique et de l'expérience. Aujourd'hui ils se sont démocratisés, notamment grâce aux gyroscopes stabilisateurs qui rendent leur pilotage enfantin. Il ne nécessite même plus d'être contrôlés puisqu'il peut même fonctionner en autonomie. Les appareils photos et caméras embarquées ont aussi bien progressés. La résolution, la colorimétrie, la dynamique, on est au niveau d'un appareil photo compact.

Je me rappelle d'un temps où me l'on avait demandé la photo aérienne d'un village en Barousse, j'ai dû faire décoller mon planeur depuis une pente et lui faire faire plusieurs passages au dessus du village avec sa petite caméra embarquée de 1080px qui réalisait un photos toutes les 2 secondes (quand elle ne s’éteignait pas en cours de vol).


Le drone s'est tellement démocratisé que la réglementation s'est aujourd'hui durcie est il n'est plus légal de survoler un village sans autorisation. Faire des prises de vues de folies est à la hauteur de tout le monde.


Et le pire, vous savez quoi? Le photographe d'art n'a pas le droit d'utiliser un drone pour réaliser des prises de vues. Il doit d'abord passer un brevet de télépilote.


La photo d'un village réalisée par un photographe après une randonnée d'une heure pour atteindre un point de vue magnifique depuis la montagne d'en face est passée has been. Dénuée d’intérêt.


Une de mes photos prises depuis la terre ferme, après une petite marche, le village de Roquefixade depuis le château. Tellement banale aujourd'hui...




 

La folie Instagram


Je ne reviendrai pas sur le fond du problème d'Instagram, vous savez déjà peu-être que je déteste ce réseau social (voir mon article sur la préservation de la nature), mais la mode a fait qu'une photo sans mise en scène (comme par exemple une jolie femme qui observe le paysage) ni couleurs éclatantes est devenue absolument banale. Les réseaux sociaux ont tué la photo d'art. Il faut des filtres, des femmes, du soleil... Le photographe pour garder sa visibilité va devoir compenser par une lumière splendide à couper le souffle (s'il elle n'est pas fausse, car il existe des logiciels pour transformer le ciel...), un spot hors public et de la prise de vue au drone. Il va devoir repousser ses limites. Malheureusement tous les photographes n'ont ni le temps ni les moyens pour cela.




Une photo comme celle Instagrameuse aura incontestablement plus de likes que celle-ci:




 

Que reste-t-il au photographe d'art?


Heureusement il me reste la simplicité, l’authenticité, les moments éphémères que seul un artiste pourra voir, comme cette photo un jeu d'ombre dans les rues de Banyuls-sur-Mer ou encore cette scène de rue où deux religieuses ont à priori une discussion clivante.




La simplicité de mes photos de cascades, leur environnement, transmettre leur énergie. Mon hypersensibilité qui me rendent les choses simples tellement belles?



La technique demandée pour les photos de la voie lactée et des orages. Au final tout ce qui demande de la technique?